L'Inactivité physique
(sédentarité)
"L'absence d'activité physique équivaut à consommer un paquet de cigarettes par jour."
US Surgeon General
Ce n'est pas pour rien que nous avons choisi de parler d'abord de l'inactivité physique. Des cinq habitudes de vie les plus nuisibles à la santé, c'est en effet la plus fréquente. De plus, parmi les quatre facteurs de risque primaires et modifiables de la maladie coronarienne, soit l'inactivité physique, l'hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol et la cigarette, l'inactivité physique est le facteur le plus fréquent dans la population.
C'est ce qui a fait dire aux auteurs d'un rapport remis en 1994 à la Direction de la condition physique de Santé Canada (Data Analysis of Fitness and Performance Capacity) qu'une hausse du niveau d'activité physique dans la population aurait une influence beaucoup plus grande sur la prévention des maladies cardiovasculaires que la diminution du nombre d'hypertendus, de fumeurs ou d'individus ayant un taux de cholestérol élevé.
De leur côté, des chercheurs américains ont démontré que l'inactivité physique à elle seule augmente le risque de mourir des suites d'une maladie cardiaque, du cancer du côlon ou du diabète de 35, 32 et 35% respectivement. C'est beaucoup plus qu'on ne le croyait dans les années 1980.
Si l'on considère aussi que l'exercice contribue à diminuer l'hypertension de 5 à 10%, à élever le taux de bon cholestérol et à inciter un fumeur à "écraser", on a là une arme redoutable pour combattre les maladies associées au mode de vie.
| Les effets secondaires d'une vie sédentaire |
Des muscles qui fondent comme neige au soleil: Un individu sédentaire peut perdre jusqu'à 225g (1/2 lb) de muscle par année, ce qui prouve bien que les muscles sont très dépendants de l'effort physique.
Des os plus frêles: L'atrophie des muscles n'est que la pointe de l'iceberg: les os subissent le même sort, mais on ne le remarque pas. Après sept jours d'inactivité physique totale, comme le repos au lit, la perte de calcium dans les urines et les selles est doublée. En cinq mois d'alitement, on peut perdre plus de 5% de son capital osseux. Pour rester en santé, ces os ont besoin de la traction des muscles qui y sont attachés et de la gravité. Le tissus osseux pouvant, comme le tissus musculaire, se regénérer, il suffit de redevenir plus actif pour mettre un terme à sa dégradation. Toutefois, au-delà d'une certaine perte de tissus osseux, la réversibilité du processus ne semble plus possible.
La voie express vers l'obésité: On estime que plus de 60% des Nord-Américains sont gras et 33% carrément obèses. En fait, notre tour de taille ne cesse d'augmenter depuis le début du siècle. Hérédité? Non! Déséquilibre énergétique plutôt. Nous ne dépensons plus assez de calories; alors nous les emmagasinons. Ces calories en trop sont transformées en graisse. Des études ont démontré un ralentissement moyen de 5% du métabolisme de base chez des individus physiquement actifs qui sont devenus sédentaires. Ce ralentissement suffit pour emmagasiner quelque 75 calories par jour, sans manger davantage. Cela signifie un surplus d'environ 500 calories après une semaine, et de plus de 7000 calories (~1 kg de graisse) après 14 semaines!
Des douleurs dans le bas du dos: Les statistiques le prouvent: environ 80% des douleurs chroniques dans le bas du dos sont causées par le manque d'activité physique.
Une tension nerveuse emprisonnée: Dès qu'on subit un stress, une alerte physiologique commande au corps une réaction physique immédiate destinée à combattre ou à fuir l'agent stresseur. Dans le cas d'un stress émotionnel, cependant, l'énergie mobilisée reste souvent emprisonnée, sauf si on la libère en pratiquant une activité physique. La personne inactive se prive de cet exutoire; sa tension nerveuse ne fait alors que s'accroître au fil de la journée. À conq heures de l'après-midi, elle est épuisée, même si elle n'a fait aucun exercice! Avec le temps, elle finira par souffrir de problèmes de santé associés à l'accumulation de stress.
Un coeur fatigué à ne rien faire: Il est maintenant prouvé que le coeur des individus sédentaires est plus petit, moins épais (on parle ici de l'épaisseur des parois du muscle cardiaque) et moins efficace que celui des individus physiquement actifs. Mais, surtout, il court un risque deux ou trois fois plus grand de souffrir d'une maladie grave. L'inactivité physiqueest désormais reconnue comme un facteur de risque de maladies cardiaques aussi important que le tabagisme, l'hypentension et un taux élevé de cholestérol.
Une perte d'autonomie: Une vie sédentaire risque de vous priver de cette autonomie d'action à un plus jeune âge. Des muscles raides, des articulations au rayon d'action limité, des réflexes diminués et une mauvaise coordination entre la main et l'oeil sont le lot des pantouflards!
Mourir d'inactivité physique! Les personnes inactives sont plus souvent malades, coûtent plus cher à la société en frais médicaux et vivent moins longtemps que les personnes physiquement actives. Enfait, leur risque de décès prématuré, toutes causes confondues, est plus élevé d'environ 40%. En somme, on peut mourir d'inactivité physique.
| Quand l'exercice devient un médicament |
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Si le manque d'exercice nuit à notre santé, l'exercice régulier l'améliore. indépendamment d'autres facteurs comme la cigarette, l'âge ou l'alimentation, l'exercice réduit substanciellement le risque de crise cardiaque, d'hypertension, de diabète, d'ostéoporose et, probablement, de cancer. Pour les individus déjà malades comme les cardiaques et les diabétiques, l'exercice fait maintenant partie du traitement médical. Voyons maintenant de façon précise, comment certaines maladies peuvent être contrées par la pratique régulière d'activité physique. |
La maladie coronarienne: Première cause de décès en Amérique du Nord comme en Europe, la maladie coronarienne débute, insidieusement, par des dépôts de gras dans les artères coronaires (athérosclérose), lesquelles acheminent l'oxygène dans les cellules contractiles du coeur. Puis, un jour, un caillot de sang vagabond donne le coup de grâce en bouchant l'atrère; c'est la crise cardiaque (infarctus). En combattant directement l'athérosclérose, en augmentant la force de contraction du coeur et en rendant le sang plus liquide (de sorte que le risque de formation d'un caillot est réduit), la pratique régulière d'activité physique diminue le risque de crise cardiaque autant que l'abandon de la cigarette.
Le diabète: En Amérique du Nord, dans 85% des cas, le diabète de type II est attribuable à un mode de vie malsain. 80% des personnes atteintes sont obèses. Étant donné qu'il permet de contrôler la masse corporelle, l'exercice constitue un moyen efficace de se protéger contre cette maladie. Lorsque la maladie est déjà installée, l'action positive de l'exercice physique sur la glycémie, jumelée à une alimentation appropriée, évite souvent aux diabétiques le recours aux injections d'insuline.
Le cancer: Une vingtaine d'études ont mis en évidence le fait que les individus physiquement actifs étaient moins souvent atteints de cancer que les personnes sédentaires.
L'asthme: Il est vrai que l'exercice peut déclencher une crise d'asthme. On peut néanmoins prévenir les crises causées par l'exercice en faisant un échauffement de 10 à 15 minutes, ainsi qu'en évitant les activités trop intenses et les températures très froides
L'ostéoporose: En musclant littéralement le squelette, l'exercice combat directement l'ostéoporose, cette dégénérescence des os qui les rend aussi cassants qu'une branche morte. À preuve, des études sur le bras dominant des joueurs de tennis montrent que le radius, le cubitus et l'humérus du bras sollicité sont plus gros et plus denses que ceux du bras moins utilisé.
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