Introduction 7
Les parties du discours I
Le nom
Le genre, les marques du féminin
Le nombre, les marques du pluriel
Grevisse [[section]] 449 à 525
La troisième des quatre parties du BON USAGE porte sur les parties du discours. Grévisse les regroupe selon qu'ils pivotent autour du nom : il mentionne l'adjectif, le déterminant et le pronom; puis il décrit le verbe et l'adverbe. Il ajoute la préposition, la conjonction et l'interjection qu'il présente dans le dernier chapitre des parties du discours intitulé : Les mots phrases.
Cette introduction 7 porte sur le nom. Après avoir précisé succinctement les diverses natures du nom, Grévisse s'attarde à donner avec beaucoup de détails les connaissances relatives à ses caractéristiques essentielles : le genre et les marques du féminin de même que le nombre et les marques du pluriel. Les marques du genre pour le nom sont présentées avec le souci de répertorier les formes en usage qui distinguent les noms masculins et les noms féminins. La perspective est lexicologique : le nom comme mot est présenté sans ses rapports aux déterminants ou aux adjectifs; Grevisse traite de ces aspects dans une autre section réservée à la grammaire des accords ou à la dimension syntaxique. Plusieurs théoriciens emploient même le terme morphosyntaxe pour identifier cet ensemble de rapports entre les constituants du groupe nominal.
Voici la liste des commentaires et des lectures qui vont constituer les parties de cette introduction.
7.1 Lecture 1
Les sortes de noms
Grevisse 1993 [[section]] 449 à 453
En rapportant l'explication de Dessaintes[1] au sujet du nom, Grevisse met en relief la fonction expérientielle du langage en rappelant que le nom "désigne tout ce qui possède, réellement ou par abstraction, une existence distincte." Il aborde le chapitre portant sur le nom en faisant allusion aux constituants du groupe nominal. Le nom est habituellement accompagné d'un déterminant ou de plusieurs et d'un adjectif qualificatif ou de plusieurs. Il ne fait cependant pas mention des deux autres constituants du groupe nominal que sont le complément du nom et la proposition relative.
Les noms sont classés en tenant compte d'oppositions binaires. En mettant en évidence ces oppositions, il devient plus facile de distribuer les divers usages des noms qui se retrouvent dans un texte. Les noms désignent habituellement une réalité -nom propre, nom commun-
Marie fille
mais il arrive qu'ils se désignent eux-mêmes -autonymes
Le JE et le TU sont des pronoms.
Puis en rapport avec une dimension du sens qu'ils véhiculent, les noms peuvent être :
-concrets ou abstraits :
renard ruse,
animés ou inanimés :
Luc banc,
individuels ou collectifs :
loup meute.
Dans le rapport à leur forme, ils sont enfin classés comme simples ou composés :
ciel arc-en-ciel.
7.2 Commentaire 1 :
Grevisse 1993 [[section]] 454 à 457
Le genre naturel et le genre grammatical[2] constituent la distinction à faire au départ lorsqu'il faut chercher à donner des explications pour tenter de découvrir ce qu'il y a de logique dans l'application du genre en tant que caractéristique du nom. Le français respecte la plupart du temps le genre naturel (mâle / femelle) en y associant le genre grammatical (masculin / féminin) quand il s'agit des personnes; lorsque cela s'applique aux animaux, cette association est moins régulière. Et dans le cas des choses -ou ce qui n'est ni personne, ni animal- le rapport possible aux sexes ne peut se faire : l'attribution du genre grammatical s'effectue avec un certain arbitraire. Cette opposition est marquée le plus souvent en regroupant personnes et animaux sous la classe des êtres animés et les choses et autres sous celle des êtres inanimés.
Des langues comme l'anglais et l'allemand ont un troisième genre, le neutre. Le partage des réalités s'effectue de façon plus systématique : le féminin pour les femelles, le masculin pour les mâles et le neutre pour les inanimés.
En français, le passage de l'oral à l'écrit comporte des oppositions remarquables lorsqu'il s'agit de comparer les marques visibles ou audibles; dans certains cas, toutes les marques du féminin visibles à l'écrit sont inaudibles à l'oral. Parfois le message entendu ne livre pas de traces permettant de retracer le genre; tel est le cas dans l'exemple suivant :
Les amies unies vivent plus libres.
[lezamizynivivplylibr]
Grevisse précise d'abord que le genre est habituellement une marque que porte le nom féminin alors que le nom masculin est non marqué. C'est principalement le cas de la marque propre du féminin qui s'ajoute sans plus au nom masculin.
amiE ami
Ce n'est pas le cas du passage du nom masculin au nom féminin lorsqu'un suffixe distinct en indique le genre.
chantEUR chantEUSE
Grevisse présente aussi les autres mots qui sont influencés par le genre du nom en raison de l'accord qui s'impose entre eux et le nom duquel ils prennent cette propriété.
À la suite d'explications portant sur les noms ayant les deux genres et sur l'existence sémantique du genre neutre pour les pronoms (ce, ceci, cela, etc.), l'énumération d'un bon nombre d'homonymes distingués par le genre figurent regroupés par classes.
Les deux prochaines lectures proposées portent l'une sur le genre pour les noms inanimés (7.3) et l'autre sur le genre pour les noms animés (7.4).
7.3 Lecture 2
Le genre et les noms inanimés
Grevisse [[section]] 458 à 472
Les noms inanimés connaissent un flottement par rapport au genre. Plusieurs d'entre eux ont reçu au long de leur histoire un premier genre, puis l'autre genre leur a été attribué. [[section]] 458
La poison-> le poison
Un orthographe->une orthographe
Pour les noms inanimés masculins, il y a cependant de la régularité dans les usages lorsque l'on tient compte des catégories de noms et des suffixes. [[section]] 459
Suivent dix [[section]] -paragraphes- qui expliquent des cas particuliers.
[[section]] 460 NOMS AYANT UN GENRE PARTICULIER dans certains de leurs emplois
chose, foudre, hymne, merci, oeuvre, orge, période.
[[section]] 461 NOMS CHANGEANT DE GENRE EN MêME TEMPS QUE DE NOMBRE
amour, délice, orgue.
[[section]] 462 GENRE DES NOMS PROPRES DE LIEUX
villes, îles, châteaux, églises, grottes, etc.
[[section]] 463 GENRE DE CERTAINS NOMS DE FêTES
[[section]] 464 NOMS EMPLOYéS PAR MéTONYMIE
[[section]] 465 LE GENRE DES NOMS DE NAVIRES
[[section]] 466 LE GENRE DES NOMS COMPOSéS ET DES LOCUTIONS NOMINALES
[[section]] 467 LE GENRE DES NOMS RéSULTANT D'UNE RéDUCTION
[[section]] 468 LE GENRE DES NOMS éTRANGERS
[[section]] 469 LE GENRE DES NOMS ACCIDENTELS
[[section]] 470 LE GENRE DU NOM DES CONSONNES
[[section]] 471 NOMS DONT LE GENRE EST à REMARQUER
[[section]] 472 DIVERS NOMS DE GENRE DOUTEUX
7.4 Lecture 3
Le genre et les noms animés
Grevisse 1993 [[section]] 473 à 491
7.4.1 Les noms animés [[section]]473 à 478
Comme nous l'avons souligné dans notre commentaire 7.2, le sexe détermine le genre des noms désignant les êtres humains [[section]] 475-476 alors que ce n'est habituellement pas le cas pour les animaux [[section]] 474.
Chez ces derniers, il y a lieu de distinguer les animaux élevés ou chassés par l'homme : ils ont le genre associé à leur sexe. Pour la majorité des animaux, Grevisse précise qu'ils
"sont désignés par un nom (dit épicène) qui a un seul genre, tantôt féminin, tantôt masculin, quel que soit le sexe."
Pour les noms d'êtres humains, le genre va habituellement de pair avec le sexe. A l'opposition simple "être mâle d'une part... et être femelle d'autre part", s'ajoutent cependant des oppositions plus complexes et parfois même des attributions exclusives à l'un des sexes.
Mais il y a aussi des noms d'êtres humains dont "le genre n'est pas conforme au sexe" [[section]] 476. Ou les noms sont féminins quoiqu'ils ne s'appliquent qu'à des hommes, et vice versa; ou les noms sont épicènes; ou le genre varie compte tenu du sexe de la personne désignée en raison de la désignation d'êtres appartenant aux deux sexes ou encore compte tenu de la valeur affective qui accompagne l'interversion du genre. Gent et gens demeurent des cas particuliers qu'il convient de traiter spécifiquement [[section]] 477.
7.4.2 Les marques du féminin des noms animés [[section]] 478 à 491
Comme observations préliminaires -[[section]] 478, Grevisse rappelle que le nom masculin est la forme de base du nom : celle-ci est perçue comme ne portant pas la marque du genre; comme c'est le cas de l'infinitif pour le verbe, c'est la façon d'identifier un nom. Quand on dit : chat est un nom ou aimer est un verbe, le genre du nom et le mode du verbe deviennent secondaires. A partir de ce constat, les grammairiens présentent le féminin comme découlant du masculin. Mais veuf vient historiquement de veuve, et il en est de même d'un certain nombre d'autres noms. L'oral et l'écrit portent des différences notoires, souligne Grevisse. Le genre chez les animaux présente aussi des aspects intéressants à signaler.
En raison du passage à l'écriture, il est utile de mettre en évidence les différences qui marquent le changement de genre selon que c'est à l'oral ou à l'écrit.
Les marques du féminin dans les noms fondent leur organisation autour du e qui s'ajoute. Ce e peut s'ajouter lui seul, comme il peut être accompagné d'une ou de deux consonnes le précédant; des transformations plus grandes encore peuvent se produire : le changement de la consonne ou de la voyelle, celui de voyelles en voyelle-consonne. A cela s'ajoutent des marques particulières comme le sont les suffixes. Il y a même des cas où tout le radical change.
7.5 Commentaire 2
Grevisse 1993[[section]] 492 à 500
Dans le Dictionnaire de linguistique, Dubois[3] précise qu'il s'agit d'une catégorie du groupe nominal. Elle sert à exprimer l'opposition entre le singulier et le pluriel des noms comptables. Les adjectifs numéraux -un, deux, trois- et les quantificateurs -beaucoup, peu d'enfants- servent aussi à désigner l'unité isolée et le pluriel. Une autre opposition marquée par le nom individuel érable et le collectif érablière sert à différencier l'unité individualisée et le singulier collectif.
Grevisse [[section]] 492 rappelle qu'il y a deux nombres en français : le singulier et le pluriel. Puis suivent les valeurs particulières du singulier et du pluriel [[section]] 493, les noms sans pluriel [[section]] 494, les noms sans singulier [[section]] 495, et d'autres particularités [[section]] 496-499
Les noms sans pluriel [[section]]494 ou sans singulier [[section]] 495 peuvent être présentés en listes pour en donner une idée.
Grevisse attribue une place particulière aux cas ambivalents ou parfois même douteux. Il est question :
-des noms qui ne s'emploient qu'au pluriel dans une de leurs significations :
les aïeuls, les appas, les assises;
-les noms sans singulier et l'expression du nombre :
bestiaux, gens, vacances;
-les noms employés indifféremment au singulier et au pluriel :
tenailles, ciseaux, castagnettes, caleçons, culottes, pantalons, bleue-jeans -bloudjinnzes pour Prévert- et aussi slacks, bermudas.
À noter comme remarque suscitant de la curiosité :
"Si le vêtement ne couvre pas les jambes, les mots sont employés au sing. : ainsi, aujourd'hui pour caleçon, pour culotte comme pièce de la lingerie féminine, pour slip, cache-sexe." [[section]]498 b
Parmi les hésitations graphiques entre le singulier et le pluriel, Grevisse place le pluriel dans les compléments de nom. Il précise que :
l'Académie laisse explicitement le choix entre maison de brique ou de briques, gelée de groseille ou de groseilles, lettre de condoléance ou de condoléances.
Ces observations sont utiles car elles soulignent la normalité des hésitations des scripteurs là où il faut faire appel au sens. L'alternative est souvent choisie par des écrivains de renom. Les cas de à cor et à cri, ou à cor et à cris, ou encore à cors et à cris en sont qui soulignent cette polyvalence des usages dans la littérature. Il faut donc être prudent et ne pas refuser une construction qui a du sens.
7.6 Lecture 4
Le nom et les marques du nombre
Grevisse 1993 [[section]] 501 à 525
Les marques du nombre sont visibles à l'écrit, mais elles sont inaudibles à l'oral, mis à part les mots dont le suffixe change lorsque le passage du singulier au pluriel se produit -cheval, chevaux. Il y a cependant la liaison qui entraîne l'apparition d'une sonorité de plus
Les enfants
[lezA**fA* ]
Les marques se distinguent à l'oral et à l'écrit en ce que la variété des formes s, x, z dont on fait état pour indiquer les pluriels marqués et les non marqués entraîne la prononciation d'un même phonème, le [ z ], lorsque le mot suivant commence par une voyelle ou un h non aspiré. Il est évident que le changement de suffixe en finale de mot comporte aussi une différence audible; ce changement s'accompagne d'une autre marque, le x, cet élément s'ajoute en fin de mot. Elle entraîne la liaison si le mot suivant le requiert.
7.6.1 Le pluriel des noms propres.
-des noms de lieux
-de quelques cas spéciaux
-des noms composés
-des noms empruntés
Les paragraphes qui traitent du pluriel de ces catégories de noms comportent dans la plupart des cas très peu de régularité. Nous vous proposons donc de les lire attentivement et de vous rappeler que Grevisse apporte des explications précieuses à leur sujet lorsqu'un problème particulier d'écriture se pose en rapport avec le pluriel de ces noms ou de noms composés.
À lire :
Les noms propres de personnes
[[section]] 510
Les noms de lieux [[section]] 511
Les cas spéciaux [[section]] 512, 513
Pluriel des noms composés et des locutions nominales
[[section]] 514 à 521
Pluriel des noms empruntés
[[section]] 521 à 525
[2]. Dans le Dictionnaire de linguistique de Jean Dubois, le genre est présenté selon ses catégorisations grammaticale et sémantique (p. 230-231; ce que nous présentons dans ce commentaire y est puisé en grande partie.
[3] Dans le Dictionnaire de linguistique, Larousse, 1973, Jean Dubois rappelle que le nombre est une catégorie grammaticale reposant sur les entités dénombrables par opposition à des masses indivisibles.