Le bon usage   de Grevisse     La phrase 1  Définitions


LA PHRASE

Définitions  |  Espèces  |  Ses éléments  |  Phrase complète |  Phrase simple  |  Phrase complexe  |
 Son sujet  |  Le prédicat  |  Phrase impersonnelle

Les définitions de la phrase

Dans LE BON USAGE, Grevisse amorce les explications qu'il donne au sujet de la phrase par la présentation d'un certain nombre de généralités- toutes sortes de renseignements d'intérêt général qui sont présentés avant de traiter de façon ordonnée d'un sujet spécifique - qui renseignent à propos des définitions de la phrase §§ 210, des espèces de phrases §§ 211 à 215 et de phénomènes divers qui l'affectent     §§ 216 à 225. Les notions de sujet  §§ 229 à 236,  de prédicat §§ 237 à 240 et d'attribut  §§ 241 à 251 viennent par la suite avec une abondance d'information et d'exemples explicitant les usages.

Définitions de la phrase      Grevisse  Le bon usage   1993,    §§  210 à 215

En traitant de généralités, Grevisse se donne un lieu pour placer des aspects auxquels il accorde de l'importance; il les considère comme faisant l'objet de considérations préalables. Grevisse donne différentes définitions de la phrase.

6.1.1 Phrase : description et définitions

La phrase est d'abord décrite et définie de diverses manières en faisant appel à des cas extrêmes.

Ponctuation

Dès les premiers regards que le lecteur jette  sur un texte, il découvre les limites de la phrase; elle commence habituellement par une lettre majuscule et se termine par l'un ou l'autre des points. La ponctuation devient une  première façon de définir la phrase. C'est en rapport avec l'espace qu'elle occupe;  il est facile de voir où elle débute et où elle finit.

Ou la phrase se termine par un point.
Ex. : Le corbeau épie ce renard rusé.

Ou la phrase se termine par un point d'interrogation.
Ex. : Le corbeau épie-t-il encore ce renard rusé ?

Ou la phrase se termine par un point d'exclamation.
Ex. : Ah! oui, le corbeau épie ce renard rusé !

Ou la phrase se termine par des points de suspension.
Ex. : Le corbeau épie ce renard ...

Nombre et ordre des mots

Le nombre et l'ordre des mots deviennent d'autres manières d'envisager la phrase et de la définir par les éléments qui la constituent. Certaines phrases peuvent avoir un seul mot. Ce peut être le verbe dans les phrases impératives comme

Viens.

Ou il y a les phrases n'ayant que le mot suffisant pour connaître l'attitude ou la réponse de l'interlocuteur.

Non.

L'ordre peut se combiner au nombre de mots et contribuer à modifier la nature de la communication. Ainsi d'une simple déclaration, l'information véhiculée peut se transformer en question. Au lieu de communiquer une idée, le scripteur ou le locuteur peut être en quête d'information,  et  de déclarative, la phrase devient interrogative en même que l'ordre des mots change.

Phrase déclarative
Tu viens ici.

Phrase interrogative
Viens-tu ici?

Définition compte tenu du sens

«Plus on fait croître l'expressivité, plus l'expression grammaticale se libère de la régularité : à la limite, cette expression grammaticale se réduit à la simple interjection.» «Quand l'expression grammaticale tend vers l'entier,... la phrase tend vers la parfaite régularité selon les lois de l'analyse.» Grevisse explique la formule donnée par G. Guillaume, dans la revue Français moderne, juillet 1943, p. 232).

Définition compte tenu du vrai

«Une phrase est une phrase, même si ce qu'elle dit est faux, ou absurde, ou incompréhensible,... du moment qu'elle respecte les règles essentielles de la syntaxe» Grevisse, Le bon usage, 13e édition, p. 270, remarque 2.

Définition compte tenu de la syntaxe

«Une phrase reste une phrase, même si elle contient des incorrections, à condition que celles-ci ne touchent pas aux structures syntaxiques fondamentales.» Grevisse, Le bon usage, 13e édition, p. 271, remarque 2.

Guillaume

«Plus on fait croître l'expressivité, plus l'expression grammaticale se libère de la régularité : à la limite, cette expression grammaticale se réduit à la simple interjection.» «Quand l'expression grammaticale tend vers l'entier,... la phrase tend vers la parfaite régularité selon les lois de l'analyse.» Grevisse explique la formule donnée par G. Guillaume, dans la revue Français moderne, juillet 1943, p. 232). Grevisse, Le bon usage, 13e édition, p. 270.

Bloomfield

«Chaque phrase est une forme linguistique indépendante, qui n'est pas incluse dans une forme linguistique plus large en vertu d'une construction grammaticale quelconque.» Grevisse, Le bon usage, 13e édition, p. 271, remarque 1.


Note 1

En langue parlée, la phrase a des limites variables qui épousent toutes les velléités du locuteur ; le terme énoncé remplace parfois celui de phrase.


[1]  GREVISSE. M. Le bon usage. 13e édition. Paris. Duculot. 1993