Gilles Lemire
Introduction au bon usage de Grevisse

Sainte-Foy, Les Éditions LÉ, 1995

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LES MOTS

définitions  |  classifications |  origines  |  familles de mots  |  emprunts

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 Définitions, classifications, origine et sens

Les mots, leurs natures et leurs sens dans la phrase sont au coeur de ce chapitre. Définitions [[section]] 136, 137 et 138 et classifications [[section]] 139, 140 et 141 vont précéder la banque d'information relative à l'origine des mots [[section]] 142 à 201 et la section qui traite de leur sens [[section]] 201 à 209.

Cette introduction a une importance capitale au plan de la compréhension d'un des éléments de base du langage : tout texte est constitué de mots. Leurs provenances, la manière de les classer en considérant leurs natures et leur sens, ainsi que la reconnaissance des procédés de formation qui s'appliquent à chacun d'eux, deviennent objets de réflexion. L'approche éclectique empruntée par Grevisse a permis de regrouper dans cette section du BON USAGE autant de facettes et de matériel. La synthèse que nous proposons contient trois commentaires et quatre lectures.

5.1 Lecture 1 :   Définitions

5.2 Commentaire 1 :   Classifications

5.3 Lecture 2 :   Origines

5.4 Commentaire 2 :   Familles de mots

5.5 Lecture 3 :    Histoire et emprunts

5.6 Lecture 4 :    Formations françaises

5.7 Commentaires 3    Sens et les -onymes (du grec onoma -variante onuma : nom

5.1 Lecture 1

Définitions
Grevisse 1993, [[section]] 136 à 138

Pour commencer, Grevisse définit les termes qui supportent l'un des chapitres fondamentaux du BON USAGE, celui qui livre les secrets à propos de la provenance des mots et de leur formation.

Voici l'agencement de ces termes.

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5.2   Commentaire 1

Classifications

Grevisse 1993, [[section]] 139 à 141

Sous classifications, Grevisse propose diverses manières de classer les mots. Il rappelle que le classement des mots conduit à les diviser en catégories ou classes, qu'on appelle traditionnellement parties du discours.

Il est opportun de donner plus de relief à l'expression PARTIES DU DISCOURS. Elle est employée souvent et laisse parfois dans l'embarras. Le GDLF[1] (p. 4024) apporte des précisions : l'histoire de l'expression est instructive. Voici un passage qui explique sa provenance :

Les grammairiens du XVII[e] s. ont appelé parties du discours ce qu'on appelait au Moyen Âge parties d'oraison, traduction du latin partes orationis, qui traduisait le grec merê tou logou. L'histoire des parties du discours résume toute l'histoire de la grammaire, et plus particulièrement du structuralisme, qui se définit par l'analyse du discours en unités associées par des rapports.

Les éléments tenus pour unités de langue ont été, jusqu'au XX[e] s., les mots. Les parties du discours sont des classes de mots définies par une ou plusieurs propriétés communes. Tout le problème a été pour les théoriciens, de l'Antiquité à nos jours, de choisir des chefs de classement efficaces, c'est-à-dire permettant de diviser l'ensemble sans reste et sans chevauchement d'une façon qui éclaire l'adéquation du langage à sa fonction de communication.

Puis suit la présentation du nombre de ces parties du discours. Elles varient constamment de Platon, à Aristote, à Varron. Denys de Trace << atteint le nombre de huit, plafond pour de nombreux siècles >>. Donat en énumère également huit, sans l'article qui n'existe pas en latin. Robert Estienne, en 1557, considérait neuf parties du discours en ajoutant l'article. La Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal s'est ralliée à cette tradition en proposant l'énoncé des neuf parties du discours.


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5.3 Lecture 2  

Origines

Grevisse 1993, [[section]] 142 à 149

Grevisse rappelle que l'origine des mots est l'objet de ce qui s'appelle l'étymologie. On appelle étymon le mot duquel provient originellement un autre mot. Il est souvent possible de suivre l'évolution d'un mot, même s'il arrive parfois de rétablir une forme du mot que l'on n'a pas retrouvée dans des textes de l'époque. C'est alors qu'elle est précédée de l'astérisque.

Ex.: partager<-*partire<-partiri[2] (de pars)

L'étymologie fait appel à des termes qui ne sont pas toujours délimités clairement; vous avez, entre autres, étymon, racine, radical, base. Ces termes se côtoient, mais ils ne peuvent pas être employés l'un pour l'autre.

En tenant compte de leur origine, les mots se rapportent à trois catégories que Grevisse identifie comme suit.

Dans l'introduction de son Dictionnaire étymologique (p. VII), Dauzat précise que :

le fonds primitif de la langue française est le vocabulaire du latin (dit latin vulgaire) parlé en Gaule par le peuple à la fin de l'Empire romain.

Grevisse poursuit en faisant allusion à une étymologie qu'il nomme réelle de laquelle découlent les familles de mots.


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5.4 Commentaire 2

Familles de mots

Grevisse 1993, [[section]] 144

Fondées sur cette étymologie réelle, les familles historiques remontent à un ancêtre commun.
Et Grevisse ajoute l'exemple de deus et dies dont la provenance indo-européenne serait la racine *dei.

Aux familles historiques s'ajoutent les familles synchroniques; il s'agit de celles que les parlants français contemporains forment facilement comme cela se produit pour des termes apparentés : eau, aquatique, aqueux. Il en est de même pour l'étymologie populaire. Des mots qui n'ont pas la même origine sont sentis comme apparentés à cause de leur ressemblance :

péage <-> paiement

habits <-> habiller

Les couples de mots appelés doublets sont dans un rapport de sens de même nature : couples de mots issus du même étymon, mais qui ont une forme différente  : auscultare écouter ausculter

Par rapport à la vie des mots, les [[section]] 146 à 149 traitent d'autres aspects qui s'y rattachent : on y aborde ce qui a trait à l'apparition des mots nouveaux, aux néologismes [[section]] 146 et 147, à la disparition des mots [[section]] 148 et aux archaïsmes [[section]] 149.

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5.5 Lecture 3 :

Histoire et emprunts

Grevisse 1993, [[section]] 150 à 158

L'histoire des mots débute avec le rapprochement qu'il convient de faire entre le latin et un ensemble considérable de mots français qui en dérivent. Dans la préface du Dictionnaire étymologique de la langue française (p. XI) de Bloch et Wartburg, Antoine Meillet tient à rappeler que :

Dans l'ensemble, le vocabulaire général du français continue simplement le vocabulaire du latin, parce que, à la suite de la conquête romaine et de la christianisation qui s'en est suivie, la civilisation romaine a été adoptée en Gaule. C'est pour cela que pater et mater, que bibere  et dormire, que canis et bos (accusatif bovem) se sont maintenus sous les formes père et mère, boire et dormir, chien et boeuf, et ainsi de la plupart des principaux termes de la langue commune. Il n'y a presque aucun mot de ce genre dont l'histoire ne soit pas connue.

Meillet ajoute cependant que la chute de la civilisation romaine classique a laissé la place au latin vulgaire; celui-ci a pris le pas sur le latin classique et au lieu des mots de la littérature, ce furent des mots de la langue familière qui prirent le dessus. Puis dominée pendant plusieurs siècles par des envahisseurs germaniques, la France a passé par une période de bilinguisme chez beaucoup de ses sujets, et les plus influents.

Grevisse résume dans les [[section]] 150 et 151 ces dimensions historiques et il ajoute une autre manière de voir le développement du vocabulaire, celle qui porte sur les emprunts que le français a faits aux autres langues.

Bibliographie

BLOCH, O. et Wartburg V.W, Dictionnaire étymologique de la langue française, Paris, Presses universitaires de France, 1960.

DAUZAT, A. Dictionnaire étymologique, Paris, Larousse, 1938, 1943.

GREVISSE, M., Le bon usage, 13[e] édition revue, Paris, Duculot, 1993.


1. GDLF : Le grand dictionnaire de la langue française. Larousse.

2. LE BON USAGE, 1993, donne partir comme correspondance française de partiri; c'est incorrect: le dictionnaire latin-français Gaffiot, p. 1120, traduit partiri - du latin classique - par partager, diviser en parties - de pars -partis : partie.