Aménagement de l'information,
schématique
et cartographie conceptuelle
par Michel Cartier UQAM
et Gilles Lemire U. Laval
1. La schématique par Michel Cartier
2. La cartographie conceptuelle par Gilles Lemire
0.
Introduction
La masse d'information rendue disponible dans le cyberespace oblige
le communicateur à faire usage d'instruments de synthèse dans
le but de faciliter la gestion, par domaines ou par champs, des textes et
des images qui proviennent de toutes parts.
Pour des raisons d'économie d'espace et de temps, le rattachement des idées par grappes au sein de constructions logiques, dont les composantes alpha-iconiques ménagent l'oeil, contribue à créer des lieux qui privilégient la concentration des idées et des faits des mondes à représenter. L'aménagement de l'information prend ainsi la forme de représentations schématisantes. Par le traitement des connaissances au moyen d'outils de synthèse, le graphe, le diagramme, d'une part, ou par l'organisation systémique des termes spécifiques au champ d'un monde communiqué, la carte de connaissances. Les arrangements spatiaux rendent compte des structures logiques qui supportent l'information transmise. L'oeil saisit l'étendue des savoirs transigés et les réseaux de liens qui révèlent les idées centrales.
Les deux parties de ce texte constituent des contributions au courant transdisciplinaire montant. La première partie présente la schématique comme un domaine qui exploite plusieurs ensembles de signes (infra 1.1), voire au demeurant sous l'angle d'un champ transdisciplinaire. Elle apporte par ses catégories de représentations (infra 1.2) des variétés de formats qui s'ajustent aux besoins du communicateur. À ces façons de visualiser des portions du message transmis s'appose la cartographie conceptuelle. La deuxième partie de ce texte en donne les orientations (infra 2.1). C'est particulièrement la carte de connaissances vue comme instrument de synthèse des idées qui fait l'objet d'étude approfondie par la définition qu'on y apporte (infra 2.1.1) et par la description de la démarche à suivre pour qui veut en construire une (infra 2.2).
1. La
schématique
Pour vivre, l'être humain doit constamment communiquer,
c'est-à-dire échanger des informations avec une société
composée d'environnements divers. L'information est le matériau
principal qu'utilise l'être humain pour façonner son univers.
«La société dans laquelle l'homme vit et se pose comme
être humain n'est rien d'autre qu'un vaste et complexe système
de systèmes de signes» (Umberto Eco). C'est une caractéristique
essentielle de l'être humain que de vivre dans un
environnement[1] qu'il s'est créé
lui-même.
Le contexte
Chaque profond changement social et
démographique[2] suscite une nouvelle
technologie qui, en retour, devient le haut-parleur des changements
d'environnements qu'elle accélère en les intensifiant. Ainsi,
durant notre histoire, diverses technologies d'information sont apparues
; ce sont, par ordre chronologique, la parole, la
schématique[3], l'écriture,
l'imprimerie, les mass media, l'ordinateur et maintenant les nouvelles
technologies d'information (NTI)[4] . La
schématique n'apparaît jamais dans la liste des technologies
qui ont eu un impact important sur notre société, et pourtant,
depuis l'époque préhistorique, l'être humain schématise
ses environnements pour mieux les apprivoiser.
Les modes de pensée ne sont pas indépendants des moyens qui
servent à sa médiatisation. Le passage du Moyen Âge
à la Renaissance a été accompagné par le remplacement
des machines utilisant l'énergie naturelle (moulin, voile, etc.) par
celles qui utilisent de l'énergie artificielle (vapeur,
électricité, etc.) Le passage à l'ère industrielle
I a permis par la suite l'accès aux machines à communiquer
produisant de l'information. À chaque passage correspond un nouveau
système de configuration :
i. l'Antiquité et le Moyen Âge sont fondés sur la
symbolisation, le symbole révélant la nature cachée
de l'univers ; certains parlent de société magique ou
de logosphère[5] pour décrire
ces ères ;
ii. la Renaissance a été fondée sur la
représentation, nouvel ordre
optique[6] qui permettait de gérer
l'univers proche ; l'on parle aussi de société de la
raison ou de graphosphère, etc.
iii. quant aux ères industrielles I et II , elles sont
fondées sur la simulation, leur ordre numérique permettant
de simuler des univers réels ou virtuels ; pour certains, il s'agit
de la société de l'image-écran ou de
vidéosphère, etc.
Le nez enfoui dans le quotidien, nous ne réalisons pas que notre
société est en train de tourner à cent quatre-vingts
degrés. Les mutations sont majeures, elles sont autant économiques,
technologiques que sociétales ou culturelles. Ainsi, lors des
dernières crises, on s'est attardé à analyser des
détails sans voir l'ensemble[7]. Parmi
ces mutations majeures, signalons : i. le passage d'une économie
bâtie sur les activités manufacturières à une
autre orientée plutôt vers la production de valeur ajoutée,
c'est-à-dire d'information ; ii. le passage d'un modèle
d'accès à la connaissance axé surtout sur le texte à
un modèle de plus en plus orienté vers l'image-écran,
surtout chez les jeunes; iii. l'offensive américano-japonaise du
Information Superhighway qui n'est pas qu'une offensive
technologique mais une offensive surtout médiatique, c'est-à-dire
une manoeuvre visant le contrôle de l'industrie des contenus, appelée
plus adéquatement l'industrie de l'imaginaire.
Chaque fois qu'est apparue une nouvelle technologie, un choc entre l'ancien
ordre et le nouveau s'est fait sentir; par exemple, l'arrivée
de l'imprimerie vers 1440 a suscité un choc entre la mémoire
orale et la transcription écrite. L'arrivée actuelle des NTI
suscite un nouveau choc, celui de la transcription de l'information sur papier
versus la priorité accordée dorénavant à son
affichage sur les écrans. Le nouveau langage médiatique est
cette écriture codée suscitée par les convergences
technologiques et médiatiques des NTI. Cette écriture offre
de nouvelles mises en forme de l'information suscitées par les
caractéristiques des NTI : le numérique, l'image-écran,
l'interactivité et les communications mobiles; elle nécessite
une réorganisation culturelle de la présentation de l'accès
à l'information.
Actuellement, la schématique est propulsée à
l'avant-scène des activités de communication compte tenu des
effets multiplicateurs décrits ci-dessous.
Une société de plus en plus
complexe
Lorsqu'on entend l'expression notre société devient de plus
en plus complexe, on pense généralement que cette
complexité est suscitée par les nouvelles technologies que
nous utilisons. On ne rend guère compte que la véritable
complexité est plutôt celle du traitement de l'information et
de son accès. On se rend encore moins compte que ce traitement et
cet accès passent dans la plupart des cas par des procédés
visuels : schémas d'apprentissage, de montage, graphes, cartes de
connaissances et images-écran de toutes sortes, etc.
Le besoin de mieux gérer le temps
Notre société en devenir se bâtit autour de nouvelles
notions[8], dont l'une est la gérance
plus serrée du temps. Plus notre société se complexifie,
plus le temps est télescopé par ces nouvelles technologies
que sont le télécopieur, le téléphone cellulaire,
le courrier électronique, etc. Ainsi, développe-t-on de nouveaux
outils graphiques pour mieux apprivoiser ce temps qui semble de plus en plus
nous manquer : la signalétique dans les espaces publics, les codes
iconiques utilisés sur les écrans interactifs, les graphes
d'aide à la prise de décision, les schémas
prévisionnels, etc.
L'interactivité des nouvelles machines à
communiquer
Plus que la puissance des ordinateurs ou la rapidité des réseaux
de télécommunication, l'interactivité est la
caractéristique la plus importante qui émerge actuellement
dans les nouvelles technologies d'information (ou NTI). Parce qu'elle permet
le dialogue entre l'utilisateur et ses différentes machines à
communiquer, l'interactivité rapproche la culture de la technologie,
forçant l'une et l'autre à se modifier et à évoluer.
Notons que cette interactivité se passe sur un théâtre
bien précis : l'écran, où les activités
médiatiques de mises en écran s'inspirent souvent de la mise
en scène.
La puissance des postes de travail
Depuis les années 60, la puissance des postes de travail se multiplie
à tous les cinq ans: c'est le phénomène des
générations. Les postes qui seront offerts d'ici deux ans seront
encore plus performants[9], non seulement
à cause de leur nouvelle architecture mais, surtout, à cause
des nouvelles métaphores visuelles de leurs interfaces, des algorithmes
de compression d'images et de tridimensionnalité, etc. De plus, des
senseurs extrêmement sensibles (appareils
périphériques[10]) suppléent
aux yeux de l'être humain, offrant des simulations schématiques
qu'ils calculent eux-mêmes. Plus qu'une simple extension des yeux,
ces périphériques semblent en voie de devenir une extension
du cerveau.
L'émergence du multiculturalisme et du
plurilinguisme
D'importants déplacements de
population[11] imposent actuellement des
approches multiculturelles et plurilingues dans les systèmes de
communication utilisés par les pays
industrialisés[12]. Cette émergence
favorise le développement de communications à base de signes,
de schémas et d'images, au détriment du texte.
Les trois étapes actuelles
La schématique connaît trois étapes qui forment le dernier
bond important de la fresque historique présentée ci-dessus
:
i. L'étape classique «à la Bertin», c'est-à-dire
l'étape de la structuration classique de la schématisation
industrielle proposée par Jacques Bertin, celle de l'approche
carte-réseau-diagramme.
ii. L'étape actuelle qui commence à se développer sous
la poussée des NTI et de leurs nouvelles caractéristiques :
le numérique, l'interactivité et l'image-écran
multimédia.
iii. L'étape en préparation dans les centres de recherche autour
des futures caractéristiques des prochains environnements
«intelligents» : ils sont tridimensionnels, animés et
virtuels.
Les outils de représentation
Ainsi, pour mieux vivre et surtout évoluer, l'être humain s'est-il
doté tout au long de son histoire d'outils représentant
différemment la réalité : i. la parole et
l'écrit dissèquent la réalité phrase par
phrase et même mot par mot ; leur approche est
linéaire[13] et analytique,
réduisant la réalité aux parties ; ii. l'image
figurative[14] montre ce que l'être
voit ou imagine, c'est une saisie
globale[15] ; la réalité
apparaît sous la forme d'un tout concret ; iii. le symbole
est polysémique[16] et aide à
faire comprendre les relations que l'être entretient vis-à-vis
d'une réalité vue comme un tout ; iv. le graphe offre
une recodification abstraite et monosémique d'une certaine
réalité ; il décrit ce que l'être doit comprendre
et lui permet d'agir sur ce réel avec une économie importante
d'efforts et de temps.
Cet assortiment varié d'outils permet à l'être
«moderne», confronté à des environnements de plus
en plus sophistiqués, de traduire la complexité de sa
pensée.
Parce que le schéma est un fait social, c'est-à-dire un
outil culturel situé dans un espace et un temps donnés, il
est le miroir de la civilisation qui l'utilise.
Il est donc plausible de penser que la schématique ait connu des bonds
qualitatifs et quantitatifs coïncidant avec les grandes périodes
qu'a connues l'Occident.
Notre hypothèse centrale est que nous entrons dans une nouvelle
période et que nous devrons réviser les règles qui
régissent l'utilisation de la schématique. À chaque
étape de son histoire, l'être humain change ses modes de
pensée pour mieux apprivoiser ses nouveaux espaces/temps. À
chaque étape historique correspond un bond en quantité
et en qualité de la schématique, mais qu'en fait l'histoire
semble être un lent passage de l'auditif au visuel et au stockage de
plus en plus sophistiqué de l'information. Les
caractéristiques de la prochaine étape (l'époque
industrielle II) sont les suivantes : i. des systèmes utilisés
de plus en plus puissants et complexes ; ii. une quantité
d'informations traitées quasi exponentielle ; iii. une
société qui passe de la feuille de papier à
l'image-écran multimédia et interactive ; iv. des
utilisateurs de plus en plus nombreux et de plus en plus alphabétisés
vis-à-vis les schémas de toutes sortes ; v. des incidences
économiques encore plus importantes.
Société et être
humain
Pour vivre, l'être humain doit constamment communiquer,
c'est-à-dire échanger des informations avec une société
composée d'environnements divers situés dans un espace et un
temps donnés. Il apprivoise ces environnements qui l'entourent et
qui se transforment sans cesse, en développant des technologies
d'information appropriées aux changements subis ou désirés.
Ainsi, tout au long de l'histoire, l'être humain s'est doté
: i. du langage ; ii. des communications visuelles : la schématique,
l'art de la mémoire, qui plus tard deviendront l'audiovisuel et les
mass media ; iii. de l'écrit renforcé par la suite par l'imprimerie
; iv. des ordinateurs s'associant plus tard avec les
télécommunications pour devenir la télématique.
La société aborde maintenant un nouveau bond vers l'avant.
Pour ce faire, elle développe les NTI qui favorisent l'usage
d'images-écran multimédias interactives, support de ce nouveau
langage médiatique dans lequel la schématique occupera une
place centrale. Le nouveau langage médiatique est cette nouvelle
écriture codée suscitée par les convergences
technologique et médiatique des NTI. Elle offre de nouvelles mises
en forme de l'information (mise en pages, mise en écran, mise en
scène, etc.) suscitées par les caractéristiques des
NTI : le numérique, l'image-écran, l'interactivité et
les communications mobiles.
Les médias traditionnels comme l'imprimerie, le cinéma et la
télévision se sont développés parallèlement
durant les années 1958-1978 . Mais, à partir de l'année
1978, la micro-informatique et la télématique influenceront
la production et la diffusion des messages, à tel point qu'actuellement
se développent une convergence technologique de ces médias,
et une convergence médiatique, c'est-à-dire de la voix, des
données et des différents types d'images devenant le
multimédia.
Cette nouvelle écriture médiatique est de plus en plus
caractérisée par la qualité de la mise en
écran des informations (contenu) plutôt que par les techniques
de support elles-mêmes (contenant). Les études sur la
convivialité des interfaces-utilisateurs, surtout grand public
(essentielle au développement économique des NTI), commencent
à jouer un rôle déterminant dans le développement
de ce nouveau langage. On a pensé que l'émergence d'un nouveau
langage médiatique se développerait tout simplement en additionnant
diverses parties de codes d'accès à la connaissance qui sont
culturellement bien connus de leurs utilisateurs, par exemple, les codes
typographique, photographique, cinémato-graphique ou
télévisuel.
Ainsi, de 1978 à 1990, voit-on apparaître le didacticiel,
l'audiovisuel électronique, l'hypertexte, le vidéotexte, les
jeux de première génération, l'édition
électronique (Desktop Publishing), etc. Le nouveau langage qui
apparaît se caractérise par le passage de techniques orientées
papier vers des techniques orientées écran, et du statique
vers le dynamique, passages nécessitant une réorganisation
culturelle de la présentation et de l'accès à
l'information.
Mais, à partir de 1990, on semble basculer vers une deuxième
génération de langages médiatiques. Non seulement les
anciens codes s'entremêlent-ils mais de nouvelles caractéristiques
comme l'image-écran, l'interactivité et le numérique
font apparaître une nouvelle génération d'applications.
Les nouveaux produits sont : le clip, le livre 3D pour enfants, les bandes
dessinées nouveau style, la nouvelle mise en pages des grands magazines,
les jeux de deuxième génération, la télévision
interactive, l'émergence des graphes de toutes sortes, le
supercommunicateur, les grammaires iconiques, le multimédia, le
télétravail et la réalité virtuelle. Cette
deuxième génération semble se caractériser par
une navigation plus dynamique, naturelle et intuitive, dans des univers devenant
à l'écran de plus en plus tridimensionnels, animés et
même virtuels.
L'art de la mémoire
Durant l'Antiquité et le Moyen Âge, la schématisation
de l'information était liée à l'art de la mémoire,
qui fait de l'image un support à la mémoire. La première
personne connue qui a utilisé cet art de la mémoire aurait
été Simonide[17] qui sera
suivi par plusieurs «maîtres de la mémoire» :
Métrodore de Scepsis, Aristote, Cicéron, Quintilius, et plus
tard Giordano Bruno, Raymond Lulle et même Hume et Locke,
etc.[18]
Durant l'Antiquité, l'art de la mémoire était une
méthode de la mnémonique, c'est-à-dire un art de
développement de la mémoire par des exercices. Cette méthode
consiste à transformer en images ce que l'on veut mémoriser
et à placer ces images dans des lieux
familiers[19].
Cet héritage millénaire est tombé dans l'oubli avec
le développement foudroyant de l'imprimerie qui le rendra inutile
et même dérisoire. Mais l'arrivée de l'ordinateur et
surtout des NTI rend à nouveau cet héritage très
intéressant. Devant l'émergence de l'image-écran
interactive, la schématique devient un art de la mémoire
contemporain, une autre façon de dire, c'est-à-dire une autre
méthode de penser et de représenter, qui devient l'enjeu de
la mémoire artificielle des NTI. À l'ère de ces NTI,
la schématique devient un mode de raisonnement analogique capable
de traiter efficacement l'information comme un ensemble de relations visuelles.
Submergée par la marée montante des mots, l'information
revient au signe par souci de gain de temps et de précision.
L'information est le matériau principal qu'utilise l'être humain
pour façonner sa société. Celui-ci exploite deux
processus d'accès à cette information : l'analyse et la
synthèse. Il analyse en ayant abondamment recours au texte et il produit
des synthèses qu'il communique au moyen de schémas.
Pour assurer le développement des instruments de synthèse qui prennent place en raison des usages que l'on fait des représentations schématisantes, la schématique[1] émerge comme domaine transdisciplinaire; elle est un système utilisant plusieurs ensembles de signes, qu'ils soient des signes idéographiques, des graphes et du dessin technique. Ce système de signes graphiques sert à communiquer à l'aide de conventions ; c'est un grapho-langage utilisé pour résoudre les problèmes de façon logique. La schématique n'est pas un langage d'images figuratives, c'est-à-dire d'illustrations ou de photographies, elle est plutôt faite de croquis, de tableaux ou de signes accompagnés de textes explicatifs. Son essence est de traiter visuellement les informations en les regroupant et en les ordonnant graphiquement ; ainsi peut-elle offrir une vue plus rapide de l'ensemble et une conscience plus aiguë des concepts ou des phénomènes étudiés. Plusieurs auteurs parlent de sémiologie graphique[2]. C'est un système défini et monosémique.
La schématique est un système défini, car
la communication schématique possède ses éléments,
ses moyens et ses lois propres. C'est un système différent
des autres, au même titre que le cinéma ou la peinture, par
exemple.
La schématique est un système
monosémique , car les variables sont interprétées
selon une grammaire logique formée par l'ensemble de ses conventions.
Contrairement à l'image symbolique qui fait appel aux analogies
figuratives et accepte la polysémie avec toutes ses
ambiguïtés, la schématique ne considère que les
relations conventionnelles entre les éléments définis
préalablement. La schématique est le niveau monosémique
du monde des images : elle repose sur «l'intelligence» de
l'oeil.
En communication visuelle, le concepteur peut utiliser plusieurs méthodes graphiques. Ces grapho-langages fonctionnent à partir d'un ensemble de règles ; elles produisent divers codes monosémiques schématisant l'information à divers degrés d'iconicité .
La schématique se situe entre l'image reproduisant l'objet tel quel, une photographie ou une image numérisée, par exemple ; et la description par un texte de ce même objet. La schématique rend une certaine idée de cette réalité, mais en résumant visuellement son concept et en ne conservant que son essence et ses principales caractéristiques. Les communicateurs et les concepteurs médiatiques parlent alors du degré d'iconicité[13], c'est-à-dire du degré de réalisme que possède un signe. Le degré 0 est l'abstraction, c'est-à-dire le texte écrit, tandis que le degré 10 sera l'image la plus ressemblante possible. Entre 1 et 9, se situent les divers degrés de schématisation et leurs techniques, cela explique comment fonctionne la grammaire générative du schéma.
Parmi les représentions schématisantes, il y a lieu de
distinguer le schéma, le graphe, le réseau, le
diagramme, la carte et la capsule schématique. Dans
La schématisation de l'information (Cartier 1994), des
typologies sont présentées pour chacune de ces catégories.
Les définitions qui suivent proviennent de cet ouvrage.
Le mot schéma apparaît sous la forme
schème en 1586 sous la plume de Ronsard; c'était au sens du
terme latin schéma, manière d'être, figure
géométrique, figure de rhétorique; ses origines sont
grecques, de skhêma: réduire le réel à des lignes
essentielles pour le rendre accessible à
l'esprit[3].
En anglais, le schéma est défini comme étant la
représentation graphique de certaines relations d'un système
d'objets, qui, sans prétendre les représenter intégralement,
en donne l'essentiel alors qu'en allemand il prend la
même signification que schule, à savoir contenu, assemblage
d'éléments, plan ou projet.
Un schéma peut jouer un ou plusieurs rôles dans l'accès
à la connaissance : il est une élaboration, une
représentation ou une manipulation, d'autant que les nouveaux supports
informatiques métamorphosent actuellement le schéma en
mémoire artificielle ainsi qu'en outil de communication interactive
ou de simulation.
Le schéma est un outil relevant de la synthèse et de
la mise en ordre graphique. Le schéma est le produit d'un acte
de communication, comportant un émetteur qui crée le schéma,
un récepteur qui le lit et le comprend. Ceux-ci se trouvent réunis
par l'utilisation commune d'un même répertoire
d'éléments, signes ou symboles, déjà connus a
priori, c'est-à-dire avant l'acte de communication, et
répertoriables entre eux selon certaines
règles[4].
Les schémas se situent entre deux
pôles[12]; ou celui du transducteur
et il s'agit du schéma qui ne fait que traduire les relations
et les associations, ce type de schéma a pour fonction de transcrire
graphiquement, sous une forme allégée, un état descriptif
des éléments visuels constituant les concepts
présentés; ou le pôle de l'inducteur, et alors
le schéma permet d'induire de nouveaux éléments
de connaissance ; il devient un outil de suggestions. Il est réalisé
à partir d'une représentation limitée ou partielle des
connaissances et débouche sur une connaissance accrue, grâce
au travail d'analyse du lecteur, c'est-à-dire de ses déductions
à long terme, des conséquences, des interactions entre les
éléments visuels.
1.2.2 Graphe
Le graphe est une construction graphique, liée aux mathématiques,
qui sert à transcrire et à faire émerger l'information,
sous la forme d'une approche visuelle, c'est-à-dire dans un autre
système que celui de l'écrit, lequel utilise plutôt
l'approche linéaire du texte[5].
C'est un objet porteur de signes et en même temps un support de la
mémoire ; un instrument de représentation qui
géométrise un
phénomène[6]. Il sert, autant
pour l'auteur que pour le lecteur, c'est-à-dire le
communicateur-émetteur et l'utilisateur-récepteur à
manipuler l'information en modifiant les éléments graphiques
selon les interprétations de l'un et de l'autre. Le graphe est donc
à la fois une mémoire artificielle et un instrument de recherche,
c'est-à-dire un système de manipulation.
Il peut servir à développer des stratégies de
résolution de problèmes ainsi que les capacités
d'organisation et de recherche. Pour le communicateur (concepteur
médiatique, graphiste, designer), la communication schématique
est un langage systématique lui permettant de transformer des informations
abstraites en des formes visuelles. Pour l'utilisateur, la communication
schématique prend la forme d'une consultation de dessins, de signes,
de cartes et de diagrammes, apparaissant dans un document écrit ou
affiché à l'écran. Elle aide à clarifier sa
pensée, à mieux définir le problème et, si
nécessaire, à déterminer sa prise de décision.
Le graphe permet d'assembler et de reconstruire après coup ce qui
semblait disparate ou fragmentaire ; il peut même donner l'illusion
d'une cohérence formelle[7]. Il reproduit
le réel symboliquement, pour favoriser une lecture rapide de la part
de l'utilisateur, en faisant ressortir les relations qui existent entre les
éléments d'information qui le composent. Le graphe complète
bien la lecture d'un texte ; l'idéal est un texte, appelé bas
de vignette, résumant la situation (abstract) et accompagné
d'un graphe schématisant celle-ci.
L'efficacité du système dépend du temps de
lecture[8] ; plus ce temps est court, plus
le graphe est efficace, ce qui est un grand avantage dans une période
où les gens se plaignent de ne pouvoir tout lire à cause du
manque de temps ou de la surabondance
d'informations[9].
Le réseau, l'arbre, l'organigramme, le graphique de flux ou chronologique,
etc. illustrent l'organisation d'un ensemble d'informations au sein d'une
même composante. Ce sont des graphes de structures où les
correspondances s'établissent entre tous les éléments
d'une même composante.
Dans la typologie des réseaux figurent le réseau arborescent, le réseau arbre d'aide à la prise de décision, le réseau en étoile, le réseau en boucle, le réseau maillé, le réseau arbre hypertexte (avec noeuds), le réseau hypertexte tridimensionnel.
1.2.4 Le diagramme
Le diagramme statistique, l'abaque, les pointes de tarte, l'isogramme, le
stéréogramme, le chronogramme, etc. illustrent les correspondances
entre tous les éléments de deux composantes,
généralement à partir d'une abscisse et d'une
ordonnée, sauf pour les pointes de tarte. Les deux dimensions du plan
(x et y) sont à la base de toute construction graphique d'un diagramme.
Ainsi chacune des deux dimensions du plan est affectée à une
variable ou composante ; quelquefois on développera une troisième
dimension par l'ajout de z. Un diagramme est donc construit en fonction de
deux axes orientés perpendiculairement à partir de leur origine
: l'abscisse ou axe horizontal des coordonnées (x) ; l'ordonnée
ou axe vertical (y). Il existe une foule de diagrammes de toutes sortes et
d'utilisation générale ; ils sont regroupés sur la page
suivante pour plus de suite et une vue d'ensemble.
Et il existe aussi des diagrammes spécialisés, c'est-à-dire
utilisés dans un domaine donné, et qui portent
généralement le nom de leur créateur : le diagramme
de Gantt en gestion,le diagramme d'Euler en géométrie, le diagramme
de Karnaugh en informatique, le diagramme de Venn en logique...
Dans la typologie des diagramme figurent l'histogramme, les colonnes segmentées en valeurs absolues, les colonnes segmentées en valeurs relatives, les colonnes divergentes, les colonnes en fourchettes, les barres groupées, les barres respectives, les pyramide d'âges, le diagramme en paliers, en courbe, à courbes multiples, à répartition cumulée, à aires subdivisées, à points, à bulles, le diagramme triangulaire, le stéréogramme, le diagramme à tarte et le diagramme demi-cercle.
1.2.5 La carte
La carte, l'itinéraire, le cartogramme, l'anamorphose, la carte
stéréographique, la carte décorative, etc. opèrent
une régionalisation de l'espace, c'est-à-dire une répartition
des informations selon un ordre géographique observé. C'est
une construction topographique dans laquelle le plan devient le calque.
Il importe de mettre en évidence la planisphère si l'on veut
représenter tout le globe en une seule image, le choix du type de
projection devient important. Une planisphère est une construction
mathématique qui n'emprunte rien à la perception normale :
elle peut être conforme, compensée, périodique, à
multiples projections, etc. Ses constructions sont en nombre presque
infini.
Dans la typologie des réseaux figurent les planisphères.
1.2.6 La capsule
schématique
Le sociogramme, les schémas d'autoapprentissage, de montage, de
fonctionnement, les schémas prévisionnels, etc. sont des processus
d'organisation de l'expérience. Ils tentent par leur construction
de rendre concrète l'expérience humaine par une recodification
des activités. Par rapport aux graphes précédents qui
illustrent facilement des quantités, la capsule schématique
révèle plutôt la nature du phénomène
étudié à la lumière de l'expérience du
lecteur. Elle est une image métaphorique, un modèle d'un
phénomème considéré qui permet d'explorer les
possibilités contenues dans cette construction imaginaire.
La capsule schématique[14] repose
sur cette possibilité qu'ont les idées ou les situations, qui
possèdent des dynamismes dans un espace et un temps donnés,
d'être traduites graphiquement. À cause de sa dimension narrative,
elle devient un microrécit décrivant un
micromonde[15]. La capsule schématique
se réfère à la praxéologie, étude des
systèmes de méthodes et science de l'action orientée
vers l'idée d'efficience.
Dans la typologie des réseaux figure la capsule en flèche ; elle utilise généralement un mouvement de gauche à droite, mouvement qui épouse la forme d'une flèche du temps, permettant de placer les éléments par ordre chronologique. Puis il y a la capsule en arbre; cette capsule débute en un endroit, généralement à gauche (à cause du facteur temps), et progresse à plusieurs niveaux. Quant à la capsule en roue, elle adopte le concept de circularité, donc possiblement de rétroaction. Et enfin la capsule en réseau se développe spatialement dans plusieurs sens à la fois.
Somme toute, la production de graphe, comme de tout autre produit visuel, suit de moins en moins l'approche traditionnelle pour en utiliser une nouvelle qui tient compte de beaucoup de facteurs; pour n'en nommer que quelques-uns, mentionnons l'apparition de nouvelles écritures et de nouveaux supports médiatiques, l'utilisation de plus en plus importante des images-écran dans notre société, la globalisation des marchés et de la compétitivité,... Alors que l'approche traditionnelle était une démarche linéaire qui s'appuyait sur un savoir-faire traditionnel,
l'approche nouvelle est une démarche qui tient compte d'un
environnement plus global; de processus intégrant plusieurs
savoir-faire.
2. La cartographie conceptuelle
Les démarches de construction du monde à partir du bagage
de connaissances accumulées par la personne qui désire communiquer
ou donner son explication au sujet de l'existence logique d'un ensemble de
faits entraînent ce besoin particulier d'instruments de
synthèse. Par l'un de ses instruments, la cartographie conceptuelle,
il devient loisible de découper le monde en champs ou en domaines
et d'y localiser les termes qui correspondent aux images mentales que l'on
se fait de ces espaces logiques. Qu'il s'agisse de la cartographie des
représentations mentales, le «mind mapping» ou de la
cartographie conceptuelle, le «concept mapping», les cartes de
connaissances ou les cartes conceptuelles qui en découlent constituent
une manière de fonder les démarches logiques du sujet pensant.
À partir d'une base sûre, le savoir accumulé à
propos d'un monde particulier construit grâce à
des expériences sensibles vécues, la personne est appelée
à distinguer ces connaissances du monde réel de celles du monde
des croyances ou de celui de l'imaginaire. En montrant l'évolution
qui a marqué le courant des réseaux sémantiques comme
outils servant à représenter les connaissances, nous ferons
le tour de quelques concepts généraux (2.1.1) et d'un certain
nombre d'usages des réseaux sémantiques (2.1.2) avant de
définir ce qu'il y a lieu d'entendre par carte de connaissances (2.2).
Puis, de façon éminemment pratique, nous décrirons les
étapes à suivre pour construire une de ces cartes de connaissances
(2.3).
2.1 Orientations de la cartographie
conceptuelle
Au courant des années 90, le développement des applications
en rapport avec l'organisation des connaissances a connu un essor
considérable. Le domaine de l'intelligence artificielle a favorisé
la remise en question des résultats de la recherche liée aux
bases de connaissances construites de façon à rendre disponibles
les connaissances dites déclaratives; c'est souvent en réseaux
sémantiques qu'elles sont souvent organisées et
présentées.
Le développement des schémas fut marqué par leur
complexification. En effet, le passage des schémas linéaires
peu adaptés au monde complexe de la pensée aux schémas
hiérarchiques, puis aux schémas relationnels, a permis de
construire plus justement les supports de la représentation du monde
des idées en mettant en relief la complexité des relations
qui le caractérise. Un regard posé sur ces aspects théoriques
nous amène à considérer ce qui a contribué à
l'émergence de la cartographie conceptuelle.
Aux réseaux sémantiques confinés à des fonctions
particulières compte tenu des théoriciens qui les ont conçus
pour des fins spécifiques, se juxtaposent les cartes conceptuelles
ou cartes de connaissances. Il s'agit d'une autre avenue permettant de visualiser
les connaissances dans une perspective systémique. Cela favorise :
i. le partage du monde qui nous entoure ou nous habite en domaines ou champs,
ii. l'identification des idées et des termes exploités, iii.
l'arrangement de ces éléments en tenant compte des réseaux
de relations qui lient les concepts en allant des plus généraux
au plus spécifiques. La localisation spatiale qui mène de l'espace
central, le noyau (infra 2.2) marqué du nom servant à
identifier ou le monde dont il est question, ou l'un de ses domaines
ou de ses champs à d'autres espaces formés en anneaux. Ces
derniers comportent des termes de plus en plus spécifiques au fur
et à mesure qu'ils s'éloignent de l'espace central.
En 1991, J. F. Sowa a édité l'ouvrage Principle of Semantic
Networks. Explorations in the representation of knowledge
[16]. S'y trouvent les
textes soumis par des experts dans le domaine de l'intelligence artificielle
lors d'ateliers de travail à Catalina (États-Unis) en 1989.
Il s'agit en quelque sorte de la présentation de certains courants
de pensée dans le champ de la représentation des connaissances
que nous appelons la représentation conceptuelle. Le terme-clé
rassemblant ces perspectives théoriques est celui de réseau
sémantique qui est défini comme une structure représentant
les concepts, ou encore les connaissances, grâce à des modèles
construits. Les composantes de ces modèles sont organisées
de façon à faire ressortir des termes formant un à un
les noeuds d'un réseau de relations marquées au moyen d'arcs.
Pour donner de la portée aux comptes rendus de ces exposés
théoriques de nature variée, quelques concepts fondateurs,
substrats des recherches menées sur les réseaux sémantiques,
sont évoqués par Sowa.
Sowa pose d'abord les concepts généraux qui déterminent l'étendue de l'influence des perspectives théoriques constituant l'enjeu des réflexions. Il s'agit d'ontologie, de taxonomie, de méronomie et d'épistémologie.
En premier lieu, il importe de souligner que ces discussions
à propos de la représentation des connaissances relèvent
de l'ONTOLOGIE c'est-à-dire l'étude des
êtres ou encore des catégories de base de l'existence. Sowa
souligne qu'en faisant usage du terme ontologie avec le déterminant
indéfin -l'article une-,
une ontologie, il est alors question
d'une taxonomie.
TAXONOMIE est un mot dont les racines sont
taxis : arrangement ou ordonnancement, et
nomos : loi; il devient synonyme d'ontologie. La
taxonomie peut donc être un arrangement fondé sur une loi ou
un principe. Le principe le plus communément reconnu est celui de
la généralisation. La taxonomie peut alors être
considérée comme une structure hiérarchique construite
à partir du principe de généralisation; l'expression
«structure hiérarchique de subduction» est aussi employée
pour la nommer.
Parmi les autres mots dont on fait usage pour se donner
de la conversation, figurent celui de MÉRONOMIE meros
: partie et nomos: loi, car il est souvent question des relations des parties
au tout, et celui d' ÉPISTÉMOLOGIE du
mot grec épistémè qui veut dire connaissance.
L'épistémologie est l'étude des limites et de la
validité de la connaissance et des critères la distinguant
de la croyance.
Les catégories de la connaissance sont prises en charge par
l'épistémologie et celles de l'existence, par l'ontologie.
Sowa retient les manières de représenter les relations qui
lient des ensembles de concepts desquelles se dégagent les réseaux
sémantiques. Il puise dans des théories qui ont marqué
les sciences humaines à des époques diverses. Habilement, il
illustre les usages particuliers que philosophes, psychologues et linguistes
ont fait des représentations conceptuelles. Puis suivent les conceptions
de réseaux sémantiques qui caractérisent les recherches
contemporaines en intelligence artificielle.
2.1.2 Les réseaux sémantiques et la schématisation en linguistique
L'arbre de Porphyre, la structure
hiérarchique de concepts et les graphes et schémas
de constituants grammaticaux
En commençant par des allusions à l'histoire ancienne des
réseaux sémantiques, Sowa a présenté
l'arbre de Porphyre. Porphyre est ce philosophe
grec du troisième siècle de notre ère qui a voulu clarifier
les relations établies par Aristote dans ses catégories.
Réseau de type hiérarchique, cet arbre est caractérisé
par sa binarité. Chacun des passages au niveau sous-jacent amène
la fracture d'un concept en ses deux composantes qui sont
antithétiques.
Chomsky s'est imposé les mêmes contraintes en grammaire générative (infra): chez lui, le passage d'un niveau à un autre est marqué par la segmentation de la structure située à l'un des noeuds en ses deux constituants de niveau hiérarchique subséquent. L'arbre de Chomsky serait-il une adaptation de celui de Porphyre à un domaine particulier, celui de la phrase simple ou de la proposition ?
Par la suite, Sowa fait allusion à deux autres graphes, celui du
psychologue Selz et celui du linguiste Tesnière. Nous ajoutons
une autre distinction apportée en linguistique, la schématisation
est dite maximale ou elle est minimale; nous en ferons l'illustration
en donnant des exemples construits selon les principes de la linguistique
chomskienne et selon ceux du courant systémique en linguistique.
Au début du siècle, Selz a illustré en une structure hiérarchique de concepts , et les mots par des cercles, et les concepts associés par des carrés. Il pose des distinctions qui servent au classement des écrits; d'un côté il y a le livre, de l'autre les périodiques.
La structure en format plus grand
Et viennent les graphes de constituants grammaticaux du linguiste français Tesnière. Ils ont été exploités par David Hays (1964) dans ses travaux en traduction automatique. Roger Shank s'en serait aussi inspiré en déplaçant l'intérêt des constituants grammaticaux sur les constituants conceptuels. Tesnière serait ainsi, selon Sowa, à la source des travaux de Shank en intelligence artificielle.
Le graphe de constituants en format
plus grand
La schématisation en linguistique
Selon les courants de la linguistique théorique, la schématisation prend deux modes, celui de la schématisation maximale et celui de la schématisation minimale. (Lemire 1996)
Schématisation maximale veut dire que dans la segmentation de la structure de la phrase, le nombre maximal de noeuds est visé. En respectant le principe que les linguistes appellent «principe des constituants immédiats», la manière de procéder pousse à ne retenir, à' la fois, que deux éléments par palier, celui de gauche se détache, (exemple) et l'autre celui de droit contient le reste de la structure à analyser. La logique qui supporte cette orientation met de l'avant l'idée qu'il y a toujours un ordre compte tenu duquel les éléments d'une structure sont combinés. Là' où' cet esprit de tout détailler domine, il y a application des règles de la segmentation de type binaire, à la manière de Porphyre.
Cependant, dans un autre esprit, les constituants peuvent être analysés en tenant compte de leur rang; la schématisation est alors dite «minimale» et elle comprend un nombre de paliers qui est équivalent au nombre de rangs que l'unité' analysée comporte dans sa structure. Ces rangs correspondent aux unités qui sont elles-mêmes déterminées compte tenu d'une échelle de rangs; les principales unités de cette dernière sont la proposition, le groupe, le mot, le morphème.
Chez É. Benveniste, il est question des niveaux de l'analyse linguistique -Voir Proceedings of the 9th International of Linguists, Cambridge, Mass., 1962, Mouton & Co. 1964-, alors que chez MAK Halliday -Voir «Categories of the Theory of Grammar», Word, vol. 17 no 1, 1961-, l'échelle comporte cinq rangs comme nous l'avons mentionné ci-dessus. Il est question chez l'un et l'autre de morphèmes, de mots, de groupes, de propositions et de phrases.
L'analyseur peut s'y prendre de plusieurs façons selon les rangs et les unités qu'il veut expliciter. Le schéma peut contenir tous les rangs de la proposition au morphème.
Voici quelques exemples en commençant par
une structure constituée d'une proposition
contenant plusieurs groupes : dans ce cas-ci, il importe de délimiter
chacun des groupes fonctionnels
pouvant être parmi les constituants (GS, GV, GC, GAtt, GApp)
avant d'entreprendre la schématisation.
Exemple 1

Exemple 2

Le schéma hiérarchique, ou le schéma
en arbre -tronc, noeuds, branches et feuilles- ou encore l'arbre tout simplement
se partage d'abord en groupes ou syntagmes, puis en mots.
Exemple
1 La phrase simple ou proposition
à trois groupes

Exemple 2 Propositions et phrase complexe
Un travail de conversion d'un schéma en carte de connaissances permetd'abord tout simplement de faire le constat que le schéma hiérarchique est transformable en carte de connaissances; cela favorise une disposition des constituants de la structure linguistique dans des aires correspondant aux rangs et aux classes de constituants.
Dans la carte donnée en exemple ci-dessous, le noyau annonce qu'il s'agit du monde des propositions; la phrase complexe ou le complexe de propositions, unité de rang 1, s'y loge. Chacun des anneaux subséquents sont réservés aux unités présentées selon leur rang de grandeur.
L'anneau 1 comporte les unités de plus grande taille, les propositions qui sont, prises une à une, les unités de rang 2; dans l'exemple que nous donnons, elles partagent cette aire en deux.
L'anneau 2 est occupé par les unités de rang 3, les groupes; en observant la structure de la proposition de tête, appelée aussi proposition principale dans la grammaire scolaire classique, l'espace est délimité en quatre zones réservées à chacun des groupes constitutifs de cette proposition, soit les groupes fonctionnels : groupe sujet, groupe verbe et groupes compléments.
Les anneaux 3 et 4 respectivement réservés aux unités mots et morphèmes n'ont pas été exploités dans l'exemple de carte que nous donnons.
La carte conceptuelle ou la carte de connaissances qui découpe les espaces occupés est davantage faite pour les yeux alors que le schéma en arbre principalement constitué de segments et de points l'est pour le cerveau. Les espaces occupés par les propositions et les groupes accordent une existence virtuelle aux concepts utilisés pour les nommer en même temps qu'ils leur attribuent des lieux rendus visuels.
La cartographie conceptuelle connaît des développements importants en raison de l'ampleur que prennent les travaux dans le domaine de l'intelligence artificielle. La prise en charge qui en est faite par l'ordinateur et l'aide qu'il apporte dans plusieurs sphères de l'activité humaine nécessitent et la reconnaissance d'un grand nombre de concepts et la mise en relief de l'organisation des réseaux de relations qui entrelacent les termes s'y rattachant. L'interactivité ajoute une propriété à ce type de réseau sémantique en ce qu'il devient dynamique. C'est la carte de connaissances réactive qui ouvre la voie aux jeux les plus divers favorisant le passage d'un champ du monde à un autre, celui d'un terme à une image, ou même du terme ou de l'image au texte, à une adresse WWW, voire à la séquence video sonore. Pour illustrer ces passages, voyez plus bas la carte des types de textes dont certains hyperliens renvoient d'abord à un niveau sous-jacent de l'information lorsque l'image réactive est activée à partir de la zone Textes informatifs ou encore Groupe A. Rendu à ce niveau, il est possible d'accéder, grâce à une autre carte réactive, à des adresses internet sur le WWW. Voir aussi la carte des types du monde des canins.
Arrangés en bases de connaissances, ces concepts meublent
l'univers du robot et ses actions deviennent alors réalisables dans
un monde reconnaissable. Nous proposons la
démarche d'apprentissage retenue pour construire une
carte conceptuelle ou une carte de connaissances.
Dans un premier temps, l'exploration libre de l'univers
apparemment désordonné d'Internet va nous conduire aux portes
d'un monde choisi dans lequel nous tenterons d'aménager l'information.
Par la manipulation des éléments constitutifs d'un domaine
particulier, celui des types de textes,
nous entreprenons le départage de cette information disponible.
Les faits liés au monde des connaissances rattachées à
nos expériences se groupent aux côtés des faits issus
du monde des croyances. Selon les besoins, il y a lieu de séparer
ce qui relève du monde de l'imaginaire. En imposant ces contraintes
aux robots de recherche, les données recueillies vont comporter
déjà des exclusions significatives.
Types de textes en format plus grand
Puis arrive le temps d'entreprendre la construction
d'une carte de connaissances.
Nous en donnons la définition et les étapes de
réalisation.
La carte de connaissances est une représentation des idées
grâce à laquelle le communicateur parvient à mettre en
relief la complexité des relations qui caractérise le monde
à médiatiser. C'est la représentation schématique
des termes et des concepts qui permet de visualiser les connaissances dans
une perspective systémique, c'est-à-dire en rapport avec
l'organisation des réseaux de relations qui forment la structure d'un
domaine ou d'un champ de connaissances devenu contenu
aménagé.
2.2.2 Description des composantes de la carte
La carte de connaissances est présentée sous la forme de cercles circoncentriques formant des anneaux; il y a habituellement deux ou trois anneaux. Le cercle qui délimite le centre de la carte est appelé le noyau, il renferme les termes de base qui servent à identifier le domaine ou le monde dont il est question. Notre carte de connaissances qui illustrent la typologie des
textes inspirée de Britton (1970) annonce l'organisation logique des types de textes. Les anneaux qui entourent ce noyau sont peuplés de termes plus spécifiques au fur et à mesure que l'espace occupé approche de la périphérie. Ainsi les textes informatifs de type A ou de type B situés dans la région supérieure de la carte, ainsi que les biographies, textes de type informatif, rattachent à des écrits spécifiques dont les adresses hyperliées peuplent ou l'espace ouvert qui entoure l'anneau extérieur, ou encore peuvent devenir cliquables à partir d'une carte secondaire hyperliée. C'est ainsi que les anneaux contiennent les termes qui deviennent de plus en plus spécifiques à mesure que l'espace envahi se rapproche de l'univers ouvert représenté par l'environnement extérieur au dernier anneau. C'est là qu'il convient de placer les termes qui représentent les objets concrets du monde observé.
La carte du monde canin illustre également l'aménagement de l'information reliée à un monde particulier de même que cette répartition des concepts exploités pour en faire la description. L'accès étagé à l'information est rendu possible grâce à l'interactivité de la carte réactive.
Carte du monde canin
Carte produite par Pr M. Kaszap à partir d'une
recherche documentaire
effectuée par une équipe d'enseignants dans le cadre du cours
DID-62344 Exploration d'Internet et recherches documentaires en éducation.
2.3 Construction
de la carte de connaissances
2.3.1 La délimitation d'un domaine ou du champ de connaissances de la carte conceptuelle
L'exploration d'INTERNET s'effectue méthodiquement si,
après s'être adonné à l'analyse des cartes
livrant la structure hiérarchique des sites ou plus concrètement
les cartes de navigation, c'est le travail de construction
des cartes de connaissances, constituant en quelque sorte
la reconstruction du monde des idées y habitant, qui est entrepris.
Voici comment nous conseillons de procéder à qui veut mener
méthodiquement la phase documentaire servant à expliciter les
idées peuplant un monde particulier. Il y a d'abord l'invention ou
la cueillette des idées; elle est mise en train par l'un ou l'autre
des cheminements suivants.
Ou vous vous fondez sur des connaissances d'expert, parce que
vous avez déjà approfondi le sujet et que vous savez de quels
termes généraux et particuliers et de quelles catégories
il est question. Vous vous en remettez alors à un support théorique
qui est en quelque sorte figé parce qu'il projette l'état des
connaissances généralement reçues.
Ou votre démarche est dite naïve : d'abord vous jetez en vrac
tous les mots qui vous viennent à l'esprit et qui servent à
décrire le plus exhaustivement possible le domaine ou champ de
connaissances que vous avez choisi.
Puis vous mettez de l'ordre en tentant de reconstruire une carte
semblable à celle du monde canin. Il y a
le noyau et les anneaux qui logent
respectivement le terme le plus général et les anneaux qui
renferment les termes; les termes de spécificité 1 comme les
types de chiens étant placés dans l'anneau avoisinant le noyau;
dans les anneaux subséquents, les termes de spécificité
2, comme les chiens bergers, les termes de spécificité
3, comme les bergers allemands sont retenus dans ce cas, et enfin les termes
du 4e niveau de spécificité, les renseignements
touchant le pédigree.
La fabrication d'une carte de connaissances de ce type est l'un des
procédés exploité, en bien des cas, par le scripteur
expert dans l'action de l'activité d'écriture qui consiste
à faire l'invention des idées et le plan. En agissant ainsi,
la cueillette des idées est effectuée de telle sorte que l'on
en arrive à faire le relevé du plus grand nombre de termes
ou concepts pertinents. Pour parfaire la démarche, il est utile de
faire appel aux moteurs de recherche. L'objet de la recherche est ciblé
et il devient utile de recourir à un nombre plus considérable
de sources.
2.3.2 Les étapes
de la réalisation de la carte de connaissances
Voici les étapes de réalisation de votre
carte de connaissances.
Le choix du
champ | L'invention
ou cueillette des idées | La première mise
en schéma | Le recours aux moteurs de
recherche | La deuxième mise en schéma
Étape 1
Le choix du
champ
Le choix du champ ou du domaine constitue la première
étape. Cette orientation de départ va vous amener ou à
reconnaître un monde d'idées qui vous est familier, ou à
découvrir les dimensions nouvelles d'un monde qui vous intéresse.
Étape 2
L'invention
ou cueillette des idées
L'invention ou la cueillette des idées, selon le champ
ou domaine choisi, devient l'occasion de faire appel à votre conscience
réflexive. Par introspection, vous recueillez dans votre univers
intérieur tous les termes qui vous permettent de délimiter
le champ de la recherche. Le concours d'une autre personne avec laquelle
vous travaillez peut avoir un effet favorable et affecter votre
productivité. Si vous hésitez sur la justesse de certains mots,
marquez ces mots de façon à pouvoir en vérifier l'exactitude
lors de la quatrième étape de votre travail. Il est bon d'avoir
des limites qu'il faut chercher à atteindre, il est utile de se donner
un minimum de termes à colliger dans cette activité de
démarrage : ce pourrait être vingt-cinq termes.
Étape 3
La première
mise en schéma
La mise en schéma s'effectue par des essais successifs.
Vous devez oser ou vous faire confiance; votre manière de classer
est révélatrice de vos rapports à ce monde, objet
d'étude. Avec le bagage réduit -les vingt-cinq termes-
fabriquez une première carte conceptuelle : les termes qui permettent
de nommer le domaine ou le champ se placent au coeur de la carte, il s'agit
du noyau. Puis vous regroupez les mots par grappes auxquelles vous attribuez
des noms de classes. S'il reste des termes inclassables, vous les placez
dans une classe
Autres.
Étape 4
Le recours aux moteurs
de recherche
Les moteurs de recherche sont disponibles pour vous permettre
de prolonger votre démarche de documentation. C'est la façon
rapide d'avoir accès à des sources qui vous apportent des
renseignements complémentaires en plus de venir raffermir votre position
par rapport à l'exactitude des connaissances que vous possédez.
Toutefois, la dimension la plus enrichissante de ces outils de recherche
réside dans le fait que vous pourriez entrer en contact avec des
chercheurs, ou
desconnaisseurs, ou des personnes
partageant vos intérêts dans le domaine que vous avez
privilégié. Par la poste électronique, il devient possible
de prolonger votre cheminement en procédant à l'échange
de messages. La dimension anthropologique de ces contacts interhumains n'est
pas à négliger, car les liens qui sont ainsi créés
contribuent à réduire l'incontournable solitude qui envahit
souvent le chercheur.
Étape 5
La deuxième
mise en schéma
La deuxième mise en schéma devient l'occasion
d'une auto-critique, c'est d'elle que résultera votre carte de
connaissances. L'action de révision vous donne le temps de jeter un
regard critique sur votre ébauche. En prenant le temps d'apporter
les modifications qui s'imposent, vous accroissez la qualité de votre
travail. Il arrive fréquemment que la deuxième mise en schéma
devienne l'occasion de restreindre le sujet cerné par la recherche.
Le secteur le plus peuplé de la carte résultant de la
première mise en schéma constitue souvent la délimitation
raisonnable du champ qu'il convient de couvrir.
Si le temps vous le permet, les échanges de courrier électronique, y compris l'usage de la fonction pièces attachées n'entraîneront que des effets bénéfiques en vous rendant sûr des informations contenues dans votre carte de connaissances et des liens témoignant de l'organisation de ce domaine du savoir.
Dans le dernier chapitre de La schématique de l'information (Cartier, 1994, p. 117 sqq), plusieurs questions deviennent des invitations à mener plus avant la recherche. Voici quelques-unes de ces interrogations.
Comment la structure d'un graphe modifie-t-elle la structure des schèmes mentaux que le lecteur développe lorsqu'il tente de construire ou de reconstruire les espaces logiques qu'occupent les faits du monde auquel il associe des images mentales?Y a-t-il un lien entre la nature de l'information et le niveau de l'abstraction de sa schématisation : comment formaliser les niveaux d'iconicité pour différents publics d'utilisateurs ?
Quel type de schématisation tridimensionnelle sera utilisée dans les futures représentations graphiques en apprentissage, par exemple ?
Lorsqu'on dit qu'une société se complexifie, on veut surtout dire que l'état des connaissances se complexifie de même que l'accès à ces connaissances. Les graphes sont de plus en plus utilisés pour expliquer de façon succincte, et surtout visuelle, où se situe l'information dans un environnement donné et quelles sont ses relations avec des milliers d'autres informations dans les complexes de concepts qui se font et se défont au fur et à mesure que les communicateurs manifestent leurs jeux.
Nous assistons à un nouveau bond dans l'utilisation des graphes animés et interactifs. Il est suscité à la fois par les demandes des usagers aux prises avec des situations de plus en plus complexes et un système capable de combiner notions d'agents et théorie de l'information, métaphores de visualisation, graphisme 3D et animation interactive.
[1] La schématique
s'inscrit dans un système plus vaste, les Anglo-Saxons parlent de
Information Graphics, Visual Rethoric, Cognitive Art, High Information
Display, Page/screen Design ; les Américains, en particulier,
développent un Visual literacy, Visual Language dont justement
les Visual Maps, Charts, Diagrams, Graphics, font partie.
[2] Sémiologie graphique : transcription
dans le système graphique de signes, d'une information connue par
l'intermédiaire d'un système de signes quelconque, selon Jacques
Bertin, in Sémiologie graphique.
[3] Même s'il traduit une notion ancienne,
le mot français n'apparaît qu'en 1765 dans la Grande
Encyclopédie ; comme d'autres mots, «civilisation» par exemple,
ce terme n'apparaît qu'avec l'ère industrielle I.
[4] Abraham Moles, in Théorie de
l'information et perception esthétique, Denoël/Gauthier,
Paris, 1972.
[5] Selon la double approche cognitive utilisant
les deux modes de pensée qu'offrent les deux hémisphères
du cerveau : la pensée logico-mathématique repose sur une approche
linéaire, sur l'ordre et la continuité, tandis que la pensée
synthétique repose sur une approche non linéaire, plus subjective
et globale. La première approche serait plutôt liée à
une bonne sensibilité de la personne au temps et la deuxième
approche à l'espace. Voir les schémas 63-A et 63-B.Voir le
chapitre «Vision-Perception-Mémorisation» dans Nouvelles
images, nouveaux usages, dans la même série.
[6] Dans le sens que comprendre signifie
géométriser.
[7] Certains lecteurs peuvent même supposer
qu'il y aurait de véritables systèmes derrière les
situations observées ; dans certains cas, son caractère
esthétique peut même masquer le réel.
[8] La notion d'efficacité est liée
à la notion de «coût mental», c'est-à-dire
qu'elle dépend du temps de lecture et de décodage. La
schématisation des contenus répondrait à une sorte de
loi de Zipf s'appliquant au décodage visuel. La loi de Zipf prétend
que la longueur d'un mot est étroitement liée à la
fréquence de son emploi. En moyenne, les mots les plus usuels sont
les plus courts et aussi les mieux perçus et mémorisés
; il en serait de même pour les graphes.
[9] Phénomène que les
spécialistes décrivent comme le «mur du livre» ou
le «surmenage bibliographique», c'est-à-dire l'incapacité
pour le lecteur de trouver rapidement une information, parce que l'offre
est quantitativement trop variée et souvent disparate. Aujourd'hui,
il se publie plus de 70 000 revues scientifiques, c'est-à-dire 5000
articles chaque jour ; comment se retrouver dans ce raz-de-marée des
mots ?
[10] Selon plusieurs chercheurs (Robert
Estivals, Paul Otlet, etc.) la schématique serait une branche de la
bibliologie, théorie de l'enregistrement et de l'exposé
méthodique des connaissances scientifiques. Voir Robert Estivals dans
la bibliographie. Voir aussi le tableau du schéma 31.
[11] Jean-Luc Michel, Revue de bibliologie,
no 32, page 20, Paris, 1990.
[12] Jean Devèze in
«Schéma transducteur et schéma inducteur», Revue
de bibliologie, schéma et schématisation, no 32, 2e
trimestre, 1990, Paris.
[13] Concept développé
par Abraham Moles : l'iconicité mesure le degré de conservation
des caractéristiques visuelles d'un objet dans sa
représentation.
[14] Certains auteurs anglo-saxons utilisent
l'expression Information Mapping. A synthesis of tools and techniques
for the analysis of complex subject matters and jobs ; and the group of standards
and techniques for the management of large amounts of rapidly changing
information ; and to the procedure for planning, organizing, sequencing and
presenting communications. Voir Robert E. Horn, in Mapping Hypertext
dans la bibliographie. Paul Brainerd parle de Information
Packaging.
[15] Barkes parle de
«idéoscène» et Moles de «paysage
comportemental».
[16] J. F. Sowa Principle of Semantic Networks . Explorations in the representation of knowledge.